Concert de l’ensemble Résonances

Concert

A la chambre du Roy

marais

Marine Sablonnière, flûte à bec
Julien Martin, flûte à bec
Victor Aragon, viole de gambe
André Henrich, théorbe
Esteban Gallegos, clavecin

Chapelle de La Charité : 21 octobre à19h30

Réservations 07 82 14 87 94

 Note sur le concertL’ensembleLes musiciensProgramme

 

Note sur le concert

Dans la continuité du programme Un salon de musique, créé pour Sarabande à Arles il y a quatre ans, puis enregistré pour le label NoMadMusic, l’ensemble Résonances continue d’explorer le riche répertoire de chambre du Grand Siècle français. 

A la chambre du roi, deuxième volet de la série, propose un programme varié, non pas autour d’un seul compositeur, mais conçu comme une grande suite de mouvements contrastés, avec comme dénominateur commun, le style ou « goût français ».

Musique française…
Cette grande notion, difficile à réduire à l’exercice d’une simple définition, pourrait s’appréhender à la lecture des indications qui se trouvent dans les partitions : mesuré, inégal, tendre, gai, léger, nonchalant, gracieusement… et bien sûr la danse, toujours la belle danse ! «invention» française par excellence, et du Roi Soleil lui-même dans son Château versaillais : ses pas, ornements, inflexions et différents caractères façonnent constamment la structure de la musique des XVIIe et XVIIIe siècles en France. Il est difficile de trouver une musique aussi intimement liée à la forme si précise, à la fois inspirante et contraignante de la danse.

…et l’Italie ?
Et puis comme souvent dans l’histoire de la musique, notre style fut «enrichi» et transformé par l’influence des maîtres italiens. L’importance donnée à l’expression des passions, la démesure et l’exubérance de cette musique, présente par exemple dans les sonates virtuoses d’un Corelli, vont chambouler la retenue du discours français, non sans polémiques… Il est amusant de noter comment François Couperin, grand admirateur de Corelli, finit par avouer dans la préface de l’édition des Nations de 1726, que c’était bien lui l’auteur des premières sonates de style italien qu’il avait présenté en 1692 avec un faux nom par peur d’être mal accueilli …

Une confession de Couperin
«La première sonate de ce recueil (La Pucelle ou La Françoise, NDRL) fut aussi la première que je composai et qui ait été composée en France. L’Histoire même en est singulière. Charmé de celles du signor Corelli, dont j’aimerai les oeuvres tan que je vivrai. Ainsi que les Ouvrages françois de Monsieur de Lulli, je hasardai d’en composer une, que je fis exécuter dans le Concert où j’avais entendu celles de Corelli. Connaissant l’âpreté des Français pour les Nouveautés étrangères, sur toutes choses, et me défiant de moi- même, je me rendis, par un petit mensonge officieux, un très bon service. Je feignis qu’un parent que j’ai, effectivement, auprès du Roy de Sardaigne, m’avait envoyé une Sonade d’un nouvel Auteur italien. Je rangeai les Lettres de mon nom, de façon que cela forma un nom italien que je mis à la place. La Sonade fut dévorée avec empressement et j’en tairai l’apologie. Cela cependant m’encouragea : j’en fis d’autres : et mon nom italianisé m’attira, sous le masque, de grands applaudissements. Mes Sonades, heureusement, prirent assez de faveur pour que l’équivoque ne m’ait point fait rougir… » Ce «style français» est donc bien le résultat de différentes influences.

Notre programme s’ouvre avec une suite de pièces en trio de Marin Marais, suivant le cheminement typique de la suite de danses précédé d’un prélude « à la française ». Il est suivi d’une pièce pour clavecin de Couperin au nom énigmatique se prêtant à plusieurs explications, dont nous aimons celle, plus poétique, où les « barricades mystérieuses » ne seraient autre chose que les cils des courtisanes de Versailles !… Ensuite, une oeuvre de Hotteterre pour deux instruments de dessus sans basse, qui met en valeur, dans le dialogue des flûtes, la finesse et l’expressivité des agréments. Elle est suivie d’une suite en sol majeur d’Antoine Forqueray, grand maître de la viole de gambe et musicien ordinaire de La Chambre du Roy sous Louis XIV, avec une pièce pour clavecin arrangée par son fils, et deux pièces pour la viole qui valorisent la virtuosité, la sonorité voluptueuse et les grandes possibilités expressives de l’instrument. Pour terminer, deux oeuvres de Couperin, une petite pièce de clavecin dont son écriture et son titre « Le Rossignol en amour » se prêtent si bien à l’arrangement pour deux instruments aussi liées à la sonorité des oiseaux comme les flûtes à bec… et puis en guise de clôture la grande «Sonade» dans le style italien nommé « La Pucelle », qui fut réutilisée des années plus tard comme première partie de « La Françoise », dans le grand cycle des Nations, chef-d’oeuvre de l’écriture de Couperin à trois parties.

L’ensemble Résonances

L’Ensemble Résonances est né de la rencontre de jeunes musiciens au CNSMD de Lyon, partageant la même passion pour la musique ancienne. Leur complicité musicale et une sensibilité artistique commune ont tissé des liens forts au fil des années. Après une solide formation dans les meilleures écoles européennes, les cinq musiciens de l’ensemble mènent une vie musicale intense dans plusieurs formations reconnues en France et à l’étranger.

Constitué, à la base, de deux flûtes à bec, viole de gambe, théorbe et clavecin, Résonances explore le large et riche répertoire de la musique de chambre des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles et peut s’adjoindre des chanteurs  de tout horizon.

Leurs interprétations ont été saluées lors de nombreux concerts donnés en France et en Europe.
Un salon de musique, dédié à la musique française de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe siècle, est leur premier enregistrement discographique.

Les musiciens

MarineMarine Sablonnière
Marine Sablonnière débute la flûte à bec à l’école de musique de la RATP puis continue ses études dans la classe de Pierre Ginzburg à l’ENM du Val Maubuée. Elle étudie ensuite au CNSMD de Lyon dans la classe de Pierre Hamon. Elle poursuit ses études à Barcelone dans la classe de Pedro Memelsdorff ainsi qu’à Lyon en musique de chambre avec l’ensemble Sesquialtera. Elle profite lors de divers stages de l’enseignement de Peter Holstlag, Walter van Hauwe, Dan Laurin.

Elle a joué sous la direction de Skip Sempé (Capriccio Stravagante), Jordi Savall (Hesperion XXI), Marc Minkowski (Les Musiciens du Louvre), Raphaël Pichon (Pygmalion), Gérard Lesne (Il Seminario Musicale), Hervé Niquet (Le Concert Spirituel), Vincent Dumestre (Le Poème Harmonique), Christina Pluhar (l’Arpeggiata) et Les musiciens du Paradis. Elle joue également en musique de chambre avec l’ensemble Résonances ainsi qu’avec Bertrand Cuiller.

Titulaire des CA de musique ancienne et flûte à bec, Marine Sablonnière enseigne la flûte à bec au CRR de Marseille.

julien_martin

© Marco Borggreve

Julien Martin
Julien Martin a étudié la flûte à bec et la musique ancienne au CNSM de Lyon dans la classe de Pierre Hamon, où il a obtenu le Diplôme National d’Études Supérieures de Musique. Il a également travaillé avec Walter van Hauwe au Conservatoire d’Amsterdam, et Pedro Memelsdorff à Milan.
Il est membre de Capriccio Stravagante dirigé par Skip Sempé, avec qui il se produit en Europe, au Japon et en Amérique du Nord.
Il est également invité comme soliste par B’Rock ou encore le Helsinki Baroque Orchestra, et participe à des productions en orchestre avec notamment Le Concert Français, Les Musiciens du Louvre, Le Parlement de Musique, et sous la direction de Gustav Leonhardt, Marc Minkowski, William Christie, ou Martin Gester.
Il se passionne également pour la musique médiévale, qu’il pratique au sein de l’ensemble Musica Nova, et avec lequel il a enregistré récemment un disque consacré aux ballades de Guillaume de Machaut (Eon).
Ses deux derniers disques, en soliste avec Capriccio Stravagante – Telemann: Ouverture, Fantaisies et Concerto et Antico / Moderno, sont parus sous le label Paradizo.
Titulaire du Certificat d’Aptitude de Musique Ancienne, il enseigne aux Conservatoires de Levallois et de Saint-Maur.

No virtual surgery / all rights reserved © NEO TONY LEE - http://www.neotonylee.comVictor Aragon
Né au Chili, Victor Aragon grandit au Venezuela où il fabrique son propre instrument, archet et cordes avant de commencer la viole de gambe de manière autodidacte. Trois ans plus tard, il poursuit ses études au Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon dans la classe de Marianne Muller. Il reçoit également les conseils de Jordi Savall, Wieland Kuijken, Roberto Gini, Philippe Pierlot.

Il a joué sous la direction de Roberto Gini, Pierre Cao, Jordi Savall, Philippe Picket, Dominique Vellard, Gabriel Garrido… En musique de chambre il joue avec l’ensemble Résonances, Pau Marcos Vicens, Marine Sablonnière, Bertrand Cuiller…

Victor Aragon enseigne la viole de gambe au Conservatoire de Meaux et à l’école Beaux-arts et musiques de Montpellier.

henrichAndré Henrich
André Henrich, diplômé en 2000 de la Musikhochschule de Cologne dans la classe de Konrad Junghänel, a donné des récitals entre autres au Concertgebouw de Bruges, au festival Baroque Strings and Bows à Poznan, Pologne, dans le cadre de la Muziek Biennale Niederrheinen, en Inde et au Japon.

Comme partenaire de musique de chambre il travaille régulièrement avec Les Folies Françoises, Les Musiciens de Saint-Julien, Fuoco e Cenere, l’Ensemble 1700 de la flûtiste Dorothee Oberlinger, et dans le domaine de l’opéra avec Les Arts Florissants, Opera Fuoco et d’autres.

Il a participé à une trentaine d’enregistrements discographiques et enseigne le luth et le théorbe au Conservatoire à Rayonnement Régional de Saint-Maur-des-Fossés.

esteban_gallegosEsteban Gallegos

Né à Buenos Aires, Esteban Gallegos grandit à Barcelone où il débute la musique. De retour en Argentine, il poursuit des études de piano, musique de chambre et direction de choeur à l’Université de La Plata. Passionné par la musique ancienne, il se rend en France pour travailler le clavecin avec Willem Jansen au CRR de Toulouse, puis la basse continue avec Yves Rechsteiner au Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon. Il reçoit également les conseils de Jesper Christensen, Pierre Hantaï, Jacques Ogg, Gabriel Garrido, Pedro Memelsdorff…

Il s’est produit en Europe et en Amérique latine avec de nombreux ensembles de musique ancienne. Membre des ensembles Résonances et Sudestada, il a aussi collaboré avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France, et l’Orchestre National de Lyon.

Titulaire du CA de musique ancienne, il enseigne la clavecin et la basse continue au conservatoire de Valence et au conservatoire Nadia et Lili Boulanger de Paris.

 

Programme

Marin Marais (1656 – 1728)

 Suite en ut majeur des pièces en trio, extraits
prélude, sarabande, gavotte, rondeau, chaconne

François Couperin (1668 – 1733) 

Les Barricades mystérieuses, pièces de clavecin

Jacques-Martin Hotteterre (1674 – 1763) 
 Deuxième suite à deux dessus sans basse prélude – allemande – rondeau – passacaille

Antoine Forqueray (1672 – 1745)
 La du Breüil, arrangement pour clavecin de Jean-Baptiste-Antoine Forqueray,
Chaconne La Buisson, pièces de viole
La Leclair, pièces de viole

Jacques-Martin Hotteterre 
 Troisième sonate en si mineur
 prélude, fugue, grave, vivement et croches égales

François Couperin 

Le Rossignol en amour

François Couperin
 Sonade La Pucelle
lentement, gayement, lentement, gayement, lentement, légèrement, air, viste

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